samedi 7 novembre 2009

Est-ce que les jours de l'ADQ sont comptés ?



















Comme un bateau à la dérive, l'ADQ, à peine sorti d'une course à la chefferie, s'entr'déchire. Éric Caire et Marc Picard quittent le navire. Ne reste plus que quatre députés. Les jours de ce parti sont-ils comptés ?

Il faut dire que les médias s'en donnent à coeur joie, comme des vautours attirés par l'odeur de la mort. On picosse autour de l'os.

Qu'on ne me parle pas de Sylvie Roy, il n'y avait pas de quoi en faire un drame. Elle a d'ailleurs eu le soutien du chef. Qu'on ne me parle pas de la participation au vote, même si elle n'a été que du tiers des membres, c'est ainsi partout. Non, là où le bât blesse, c'est dans ce départ d'Éric Caire et Marc Picard, parce que Caire était nez à nez bien collé avec Taillon, une voix les séparait. Et Taillon l'a ignoré, alors que Caire garde le fort depuis fort longtemps, que Taillon n'a pas élu aux dernières élections. Bref, Caire ne voit guère de reconnaissance dans l'attitude du chef, il lui vire les talons avec un de ses fidèles compagnons.

Le parti souffre et s'essoufle par trop de remise en question où chacun veut mener les choses à sa manière. C'est ainsi dans notre belle société, trop de chefs, pas assez d'Indiens.

Dommage pour ceux qui croient à une troisième voie en politique, mieux vaut se tourner vers le bipartisme. On l'a vu aux dernières élections municipales, cela permet à l'un de se faufiler entre les deux autres. Une guerre à trois n'est pas une bonne chose au Québec, à moins d'avoir un système comme en France avec un deuxième tour de scrutin, là une troisième voie aurait du sens. Ici, c'est celui qui récolte le plus de votes qui gagne.

Fermons la paranthèse, revenons à nos moutons désespérés. L'ADQ se meurt. Est-ce que cette déroute profitera au PQ qui pourrait récupérer Sylvie Roy ? Me semble que si j'étais Pauline Marois, je la recruterais. C'est un bon élément. Elle est une combattante, une fonceuse. Elle a su montrer beaucoup de détermination et de courage jusqu'à maintenant. Éric Caire serait un candidat à courtiser aussi. Enfin, c'est presqu'indécent de parler de l'après-ADQ quand personne n'a sonné le glas.

Les idées de l'ADQ ne sont pas toutes mauvaises. Est-ce que le PQ pourrait récupérer cette abolition des commissions scolaires que défend l'ADQ, compte-tenu que dans le dossier du décrochage scolaire, il est prouvé que plus on donne de lattitude aux directions d'école, on réduit le taux, étant donné que la solution se trouve dans la spécificité de chaque école ? Le décrochage scolaire demande une approche locale. Cela ne donne rien de ratisser trop large.

Enfin, tout cela pour dire que l'ADQ, c'est pas tout pourri. Il y a du bon et moins bon, faudrait pas jeter le bébé avec l'eau du bain.

vendredi 6 novembre 2009

Feu sur Patrick Marleau

Parlons hockey. Bien sûr, Mike Cammalleri est un bon compteur. C'est à lui que le Canadiens doit sa dernière victoire. Est-il meilleur que Scott Gomez ? Le temps nous le dira. Et en passant, Carey Price a joué un bon match. Il a arrêté 43 tirs et pas contre n'importe quelle équipe, les Bruins de Boston.

Carey Price a beaucoup de volonté et quand on veut, on peut.

Mais si on parle de compteurs, je retiens ce nom, Patrick Marleau, parce que Ovechkin, il est bon, mais c'est un Russe, et j'assume mon chauvinisme, surtout quand il est question de hockey. C'est notre sport après tout.

Patrick Marleau a accumulé 22 points jusqu'à présent, un de plus que son coéquipier Joe Thorton, et bien que son nom sonne québécois, il est originaire de la Saskatchewan. Quoiqu'il y a une communauté franchophone là-bas. Marleau mesure 6 pieds 2 deux pouces, pèse 220 livres et il a été le capitaine des Sharks de San Jose.

Je crois qu'il est parti pour connaître une très bonne saison. Je ne suis pas prophète. Je laisse ça à Ron Fournier, mais je voulais le souligner. Je suis un peu comme Stéphane Laporte, j'aime m'arrêter sur des choses que les gens ne s'arrêtent pas habituellement.

jeudi 5 novembre 2009

Retour sur les beaux jours


Le retour de Donald Lautrec autant sur disque que sur scène, évoque en moi beaucoup de souvenirs. Forcément, quand un artiste populaire à une autre époque fait un come back, on ne peut faire autrement que de se rappeler sa gloire passée.

J'en avais parlé, mais j'avais autre chose à dire. Je voulais parler du film L'initiation de Denis Héroux. D'abord, parce que la musique de ce film est son meilleur élément. Elle a été composée par François Cousineau et la chanson-thème interprétée par Diane Dufresne s'inscrit dans les classiques au même titre que Le temps est bon de Stéphane Venne.

Mais pour Donald Lautrec, ce film rappelle une mauvaise période. Sa petite amie, qui fait partie de la distribution, tombe amoureuse sur le plateau de tournage de l'acteur, dont elle tombe aussi amoureuse dans le film. Il n'en faut pas plus pour que le beau Donald dans un élan de jalousie et de rage, fonce à toute allure avec sa Porsche dans un édifice. Pour un coup de publicité, c'en fut tout un.

Ensuite, parce que le film a été une rampe de lancement pour la carrière cinématographique des principales vedettes du film dont Danielle Ouimet. Je suis tombé sur cet extrait de ce film qu'elle a tourné après L'initiation par pur hasard et je me suis souvenu qu'on en avait un peu parlé au Québec. Ce film allemand avec un titre très attirant, Daughters of Darkness, en français Les lèvres rouges, raconte une histoire de vampires à tendance érotique. Jamais vu au complet !



De son côté, Donald Lautrec a joué dans quelques films québécois qui n'ont pas vraiment eu la cote. Je crois que sa dernière apparition remonte à La postière de Gilles Carle. Je ne me souvenais pas non plus qu'il ait fait cette version d'un hit de Procol Harum, A Whiter Shade Of Pale, qui devient en français Le jour du dernier jour. Lautrec n'avait pas un talent immense mais il travaillait beaucoup m'avait confié son agent d'antan, Yvan Dufresne. C'est exactement ce que bien d'artistes oublient. Il ne faut pas juste le talent, il faut s'appliquer avec patience, y mettre le temps et les énergies.

mercredi 4 novembre 2009

Diviser pour régner

On vient de le vivre, la division du vote aux élections municipales, ce qui a permis au maire sortant de Montréal de se faire réélire. Belle affaire !

Division du vote, diviser pour régner. De qui ça vient ? J'ai fait une petite recherche et j'ai découvert que c'est Nicolas Machiavel (1469-1527) qui l'avait écrite dans un livre qui a choqué à l'époque de sa sortie et qui a inspiré un film de Denys Arcand, que j'avais vu il y a longtemps, Le confort et l'indifférence. Il s'était inspiré de son livre Le prince. C'est fou comme l'histoire se répète.

Les points forts du livre «Le Prince» de Machiavel :

D'abord quelques phrases-clefs sorties de leur contexte :

La fin justifie les moyens;
Ëtre craint est plus durable qu'être aimé;
Diviser pour mieux régner;


Machiavel a analysé les mécanismes du pouvoir. Dans ce livre, il conseille son Prince sur la meilleure manière d'exercer et de conserver le pouvoir.

Denys Arcand reprend les propos de ce livre et les appliquent au référendum de 1980.

Fascinant !

N.B. La post-synchronisation est ratée. Dommage !

mardi 3 novembre 2009

La visite du prince Charles


Le prince Charles nous rend visite avec sa dame. Qu'est-ce que je m'en câlisse !

Surtout que le timing est mal choisi, j'ai encore de travers les élections municipales gagnées par ces foutus libéraux, loyaux à la Reine. Justement, je l'ai de travers cette institution qui nous coûte des sous. Et moi, j'en ai rien à foutre.

Je suis comme les Français et comme les Américains, je ne suis pas monarchiste.

Je suis pour l'indépendance, m'occuper de mon affaire et laisser faire celle des autres.













































J'ai horreur des autres qui se mêlent de mes affaires. J'aime pas qu'on me rappelle que j'ai été colonisé. Moi, si c'était juste de moi, cela ferait longtemps qu'on serait débarrassés de cette royauté.

Alors, vous me connaissez, j'ai préféré en rire, m'en moquer. L'humour a quelque chose d'irrévérencieux qui me plaît. C'est une soupape à bien des maux.



J'ai mal à ma ville

Déçu du résultat des dernières élections municipales ? Oui, mais c'est pas la première fois que je suis déçu comme Québécois de ma ville, de ma société, de mon monde.

Et j'ai le goût de l'exprimer en toute liberté.

Mais on est du bon monde, du bon monde tranquille, on s'accomode de tout, même des mafieux pis de leurs magouilles. On s'accomode de tout. On est du ben bon monde, même si la colère gronde comme une scie ronde.

C'est pas la première fois, pourtant. Faut croire qu'on s'habitue, parce qu'on sort jamais dans la rue. On est du ben trop bon monde pour ça.

Mais je me souviens. Je me souviens de ces soirs moins tranquilles. Je me souviens de Lettre à Ti-cul Lachance à un sous-ministre : «À s'mer du vent de c't'hauteur-là, tu te prépares une joyeuse tempête, p't'être ben que tu t'en aperçois pas...» (Gilles Vigneault)

Maudite machine électorale à marde, d'anglophones qui engraissent la caisse du parti des libéreux, tout ça parce qu'ils ont peur des méchants séparatisses ! Booohhh !

Faudrait ben qu'on s'révolte mais on est fins. On se laisse faire comme des p'tits moutons. On fait dur en chien. Comme le disait Pierre Falardeau : «Ils sont ben dans leur marde !»

On fera rien. Oublies ça !

Mais j'ai le goût de dire que je suis en chrisse. Je me donne le droit de le dire, de l'exprimer, de l'extirper.

J'ai encore plus mal à ma ville, parce qu'on est en train de me la voler au profit des autres, des autres ailleurs qui élisent demeures, des autres d'ailleurs qui font que ma société se meurt.

Je ne veux pas devenir folklorique. Maudite machine ! Maudite machine, faudrait te casser ! Maudite machine qui nous abrutit de plus en plus, jour après jour, on devient sourds.

lundi 2 novembre 2009

C'est la faute à Richard Bergeron

S'il avait fait une coalition avec Vision Montréal, il partagerait le pouvoir avec Louise Harel, avec 60% des voix exprimées. Louise Harel s'était montrée ouverte le printemps dernier. Mais non, on n'a pas cette culture politique les Québécois, on aime se nuire à nous-mêmes. Et de voir Bergeron se vanter d'avoir obtenu 25% des votes me rappelait Mario Dumont. Un autre qui croit que sa popularité repose sur ses idées, alors que ce n'est qu'un vote de contestation. Un autre qui est tout content d'avoir une place dans l'opposition. Le ballon risque de se dégonfler aux cours des prochaines années, si ce n'est pas les prochains mois.

Conséquence, Gérald Tremblay est réélu maire comme s'il ne s'était rien passé depuis 2005, parce que le taux de participation est pratiquemment semblable, même pas 40%. Ce n'est guère une amélioration. Au contraire, c'est une très grande déception. Parce qu'il n'y aura pas de commission d'enquête publique sur la corruption municipale, et que les enquêtes policières sont nettement insuffisantes. C'est tout le système qui est en place qui va pouvoir rester en place, avec ce troisième mandat d'Union Montréal.

Québec songe à mettre Montréal en tutelle, nous apprend-t-on. Sauf que c'était avant la réélection de Tremblay. Pas sûr, avec ce que le maire disait hier, que le gouvernement va mettre à exécution sa proposition. Tremblay a dit qu'il avait compris le message, cela veut dire qu'il va tout faire pour éviter que Québec s'en mêle. Il a une majorité au conseil, donc il peut faire ce qu'il veut.

C'est triste mais c'est ainsi. La bonne nouvelle, c'est Québec. Le maire a obtenu ce qu'il voulait. Et quant à moi, il mérite son amphithéâtre.

Voici ce que j'écrivais sur le blogue de Louis Préfontaine le 5 juin dernier :

Pourquoi pas une coalition (pas une fusion) entre Vision Montréal et Projet Montréal ? Louise Harel est ouverte à une alliance. Comme vous dites, elle ne peut pas à elle seule, faire la différence.

Pourquoi Richard Bergeron ne propose-t-il pas quelque chose en retour de son appui, comme l’a fait Benoît Labonté, qui serait président du comité exécutif dans l’éventualité d’une victoire ? S’il est vingt ans en avance côté urbanisme, qu’il propose justement de s’occuper de ce dossier.
Projet Montréal va chercher 7% dans les sondages. En faisant front commun, l’opposition est plus forte et plus sûre de gagner les prochaines élections. Cela donnerait 47% contre 27%. C’est stratégique, mais l’important est de détrôner le maire actuel.

dimanche 1 novembre 2009

Une femme pour l'éternité

L'autre jour à la radio, ils ont fait jouer Woman de Shawn Phillips. Je vous entends : «Eh, cé pas ça le nom de la toune !» Je sais et la madame à la radio, elle le savait aussi, alors elle a dit le vrai nom de la chanson : She Was Waiting For A Mother At The Station In Torino, And You Know I Love You Baby But It's Getting Too Heavy Too Laugh. Un titre de 12 piasses comme on dit, et vous pouvez y ajouter la TPS et la TVQ.

C'est pourquoi on l'a rebaptisé tout simplement Woman, parce qu'il dit Woman souvent :«A woman of perplexity, A woman for eternity, A woman of the land, A woman for a man». C'est sa chanson la plus connue, tiré de son album le plus connu, et qui s'est le mieux vendu dans sa carrière qui n'a surtout connu du succès... qu'au Québec.

Justement, j'ai eu l'occasion de le rencontrer et de lui demander une explication sur ce titre. C'est une histoire de fou. La Torino est la voiture qu'on voit sur la pochette du disque et Shawn n'était pas à la gare avec sa blonde. Il devait aller la rejoindre, mais un malentendu a fait qu'elle est partie avec l'auto. En gros, c'est ce que j'ai compris. Originaire du Texas, il est parti vivre en Europe et c'est là qu'il a eu ses heures de gloire, dont cet album aux arrangements superbes.

Adolescent, je rafolais de ce disque. Tout me plaisait. D'abord, il portait les cheveux très longs. Il avait l'air d'un prophète, d'un sage, d'un alchimiste. C'est qu'il faisait beaucoup de méditation transcendantale. D'ailleurs, un de ses albums s'appelle Transcendance.

Ensuite, sa guitare Gibson douze cordes me fascinait. Il faut dire que j'ai découvert cet album à peu près en même temps que le premier album d'Harmonium, alors, le son d'une douze cordes avait quelque chose de magique. Phillips a connu quelques succès sur disque, mais malheureusement n'a pu passer au travers de la mode disco de la fin des années 70, qui a lessivé ce genre d'artistes considéré comme dépassé, parce que trop représentatif du mouvement hippie contestaire d'une autre époque.

N'empêche que les arrangements de cet album étaient très riches et progressifs, avec un crescendo comme pour faire monter l'émotion, l'amener à son maximum. Tout l'album est bon à écouter parce qu'il regorge de petites trouvailles. C'est un ensemble cohérent monté par Paul Buckmaster, le même qui a signé les arrangements de Your Song d'Elton John.

Il s'inscrit pour moi dans la tradition des albums folk-rock au même titre que Solid Air de John Martyn, que Tea For The Tillerman de Cat Stevens, Bruce Cockburn, Gordon Lightfoot ou Nick Drake. Sur Youtube, il y a quelques affaires, mais je me promets un p'tit montage, quand j'aurai le temps.

samedi 31 octobre 2009

La nuit des morts-vivants



















Scène du film Point Break avec Keanu Reeves et Patrick Swayze

Film culte et trash drag

J'ai vu ce film il y a longtemps. J'étais vierge, c'est-à-dire que je ne savais pas à quoi m'attendre. Il y avait beaucoup de fébrilité dans l'air. La repésentation était à minuit, donc devant un public d'initiés pour la plupart. Quant à moi, j'allais recevoir mon baptème ce soir-là.

Le film est une comédie musicale qui n'a pas fonctionné et qu'on s'est amusé par la suite à injurier en salle, se permettant toutes sortes de parodies, pour finir par devenir un défoulement collectif théâtralisé. Pourtant, à la même époque il y a en eu d'autres qui ont bien marché. Je pense à Tommy de Ken Russell, Fantome of the Paradise copié sur le Fantôme de l'opéra mais en plus rock and roll, ou encore Lisztomania. Mais le destin de Rocky Horror Picture Show était de devenir un film trash-culte particulièrement populaire à l'Halloween.

On se déguise comme les personnages et on déconne. Moi, j'ai été évidemment arrosé, parce que lorsqu'il pleut dans le film, on se met à s'arroser dans la salle. J'en ai vu injurié un des personnages en lançant des rouleaux de papier de toilette dans l'écran. J'en ai vu aussi lancer des toasts, quand ils portent un toast dans le film. Bref, c'est fou ce que le monde s'amuse.

Dans ce film, il y a pourtant une actrice célèbre, Susan Surandon, et le rocker Meat Loaf, ainsi que Tim Curry qui fait penser à Freddie Mercury de Queen. Mais qu'importe, le film est devenu populaire non pas pour ses qualités cinématographiques, mais pour son côté carnavalesque. On aime l'imiter mais aussi le jouer, sur scène autant que dans la rue.

Cet extrait d'un sitcom démontre très bien l'impact social de ce film, qu'on met en compétition avec un autre film culte, Priscilla, Queen of the Desert.

jeudi 29 octobre 2009

Retour de Donald Lautrec

Eh ben ! Je viens de lire ça. Il aurait signé avec Québécor qui est en mésentente avec l'ADISQ. Toute une nouvelle artistique. Remarquez bien qu'il y a toujours eu des désaccords sur trois accords dans l'industrie du record pardon du disque et du spectacle. C'est toujours ainsi quand arrive le gala de l'ADISQ, à croire qu'on veut installer une tradition.

On reproche à l'ADISQ de ne pas être représentative de l'ensemble de ce qui se passe dans le domaine. C'est que la votation se fait au début de l'été. Alors, quand arrive le gala, si la chanson de l'été était Gougoune à laver de Chéputroki eh ben Chépu va devoir laver ses gougounes ailleurs. Il va être ignoré complètement. Et ce n'est qu'un des irritants. Il y en a d'autres. Et Québécor songe à faire son propre gala.

Retour à la belle époque, celle du papa de Pierre-Karl qui avait fondé à Télé-Métropole le gala des artistes. J'y ai vu Ginette Reno enceinte chanter La dernière valse, si mes souvenirs sont bons. J'étais un ti-cul gavé de télévision. Encore qu'il n'y avait que deux postes français. Tout un choix !

Alors je regardais Jeunesse d'aujourd'hui (photo ci-contre)et le Donald Lautrec Chaud. C'est son gérant, Yvan Dufresne qui avait eu l'idée de ce concept télé. C'était enregistré devant public dans un centre commercial qui s'appelait Plaza Alexis-Nihon. L'idée, c'est qu'avec ses deux-trois étages de mezzanines, le public pouvait se jucher de même que les caméramans, et voir de haut le beau Donald et ses danseuses.

On misait sur le visuel en pleine période hippie. Plein de miroirs sur la scène, comme si c'était un vrai spectacle, mais on chantait en playback. «L'aut' sexe» comme disait Roméo Pérusse, aimait s'habiller en noir avec une chemise transparente. Et il était tellement sexy que les Cyniques en avaient fait une blague : Le chanteur Donald Lautrec a été transporté d'urgence à l'hôpital, au bout de deux jours d'effort le personnel a fini par lui enlever son pantalon.

J'ai vu Donald Lautrec en spectacle à l'époque de cette populaire émission du vendredi soir. Il était très branché Lautrec. Il a chanté des chansons écrites par Plamondon, avant Diane Dufresne. Il a fait la Place des arts ou la Comédie canadienne, et Beau Dommage lui avait offert leurs premières chansons. C'est dire comment il était in Donald Lautrec. Et la pochette de son album Fluffy est une reproduction d'un Riopelle.

Cependant, après avoir produit quelques quiz, il s'était retiré en Floride. Curieux qu'il revienne. Enfin, on verra bien.

Et j'ai choisi cet extrait vidéo, bien qu'il met en vedette Steve Fiset, c'est qu'il traduit bien l'ambiance de cette émission, et on voit un peu Donald Lautrec. Pour la qualité de l'image, il traduit aussi ce que j'ai vu. Je regrette, mais j'ai vu cette émission sur une télévision noir et blanc avec un son mono pourri, exactement comme ce que vous voyez. Rien à voir avec les téléviseurs HD avec écran plat et la qualité sonore du cinéma maison.

Internet a 40 ans et mon blogue...

Internet a 40 ans aujourd'hui. Je tenais à le souligner, parce que cela fait déjà un an que j'ai créé ce blogue.

Au début, internet était un réseau interne pour la défense américaine. C'était une toile de communication qui se voulait résistante en pleine guerre froide. Et le réseau s'est étendu aux universités. Ensuite, on a changé le protocole dans les années 80. Et la popularité des micro-ordinateurs a accentué la tendance.

Aujourd'hui, internet est un service qui s'est incrusté dans les habitudes de vie de l'homme moderne, difficile de s'en passer. Un journaliste de Radio-Canada en raconte l'histoire ici, si cela vous intéresse. C'est fascinant quand même de voir comment la technologie façonne nos vies. Elle nous rend même hargneux par moment, à cliquer sur la souris et de voir que l'écran ne change pas : «Voyons, comment se fait que ça vient pas tout de suite !» On n'a plus de patience. On est vraiment plus de l'époque des pyramides, parce qu'eux, ils en ont de la patience, mais quand on regarde le résultat. Elles sont encore là les pyramides.

Si on veut bâtir quelque chose de durable, il faut de la patience. Il faut aussi du courage pour passer à travers les épreuves que la vie nous amène. Je vous dis que c'est pas toujours le cas, quand on regarde comment les gens se comportent aujourd'hui. On jette la serviette très vite.

Moi, en un an, j'en ai parcouru du chemin sur ce blogue. Au début, je ne voulais pas faire un blogue. Je ne voyais pas l'utilité d'en avoir un. J'ai compris vite la différence entre faire des commentaires sur le blogue de quelqu'un d'autre et avoir le sien. Tu es chez toi. Tu as ton terrain sur le net. Tu y fais ce que tu veux. Sur le blogue d'un autre, tu es un visiteur, un invité, tu n'es pas chez toi.

J'ai donc construit ce blogue en fonction de ce que je voulais exprimer, sans me soucier de ce que les autres en penseraient. Je l'ai fait à ma manière. Pas payant, et cela demande des efforts, il faut écrire à tous les jours. C'est comme un animal de compagnie, il faut s'en occuper, le nourir à tous les jours.

Alors, je me suis dit, je vais aller au fond des choses, adviendra que pourra. L'humour, la créativité et les arts visuels ont pris vite beaucoup de place par rapport au reste. Je me rends compte que je ne suis pas fort sur l'obstinage, le brassage de marde qui caractérisent la blogosphère. C'est comme si la blogosphère était un sous-produit de l'actualité, des grands titres des médias.

Moi, cela ne touche pas vraiment, dans le sens que je n'ai pas envie de sauter dans l'arène et me battre en duel avec quelqu'un qui pense autrement que moi. Par contre, je me rends compte que pour s'organiser un noyau de résistance ou de manifestants par rapport à des politiques gouvernementales, c'est efficace. Je pense à cette pétition pour changer un nom de rue, pour qu'elle devienne la rue Pierre-Falardeau.

Ce blogue m'a appris à mieux utiliser les techniques de mise en page, à paramétrer pour mieux cadrer mes images et mes vidéos. Et j'avoue que j'ai quand même touché beaucoup de sujets. C'est varié comme menu. Et c'est vivant, plein de couleurs. Les ténèbres, je laisse cela aux autres.

Donne-moi ta bouche...

Une bouche, une langue et toute la sensualité qui s'en dégage. C'est l'un de nos sens qui amène un contact intime avec l'autre. Bandez-vous les yeux et touchez, touchez n'importe quoi. Vous prenez contact avec les alentours et ce que vous touchez vous révèlent des tas de choses.

Avec sa langue, c'est le contact intime. C'est manger, c'est goûter, c'est donner accès à son palais. Donnez sa bouche, c'est s'ouvrir. C'est une ouverture, une porte d'entrée.

C'est dans cet optique qu'une artiste du nom de Marilyn Minter a réalisé ce petit vidéo qu'elle a intitulé Green Pink Caviar. Son modèle lèche le fond d'un plat de verre. C'est gélatineux. C'est très sensuel. C'est un essai. J'aime la recherche. Et voici ce qu'elle en dit :

“I think anything that gets wet… starts getting sexy”.


Marilyn Minter's - Green Pink Caviar from KOVAROVA on Vimeo.

mercredi 28 octobre 2009

Quand les journalistes jouent à Columbo

Vous connaissez sans doute le célèbre lieutenant Columbo. Cela fait près de 40 ans que l'acteur Peter Falk incarne ce policier. Dire que c'est Steven Spielberg qui avait réalisé le tout premier film en 1971.

La particularité de Columbo, c'est son souci du détail et le fait qu'on sait dès le départ, qui est l'assassin. Or récemment, nous avons assisté à un assassinat politique. Et voilà que Nathalie Pétrovski se prend pour Madame Columbo. Dans son dernier article, elle note un détail qui a peut-être échappé à la majorité d'entre vous, lors du reportage de Paul Larocque à TVA, celui qui a valu la démission de Benoit Labonté : le relevé téléphonique des appels de Benoit Labonté, le fameux relevé téléphonique qui a servi de preuve irréfutable que Labonté avait eu des contacts avec Tony Accurso, non pas en 2006 comme il le prétendait, mais en 2009..

Lors du reportage, le journaliste fait mention des appels entrants. Or, les appels entrants ne figurent pas sur un relevé téléphonique Rogers, seulement les appels sortants. Et qui lui a fourni ? Larocque veut protéger sa source, ça se comprend, mais ce détail en dit long. On imagine mal Accurso fournir lui-même la preuve. Donc, est-ce que ce seraient les fameuses personnes qui servaient d'intermédiaires, parce qu'elles avaient contact avec les deux ?

Et autre détail que Nathalie Pétrovski note, c'est uniquement ce reportage qui a causé son départ, parce qu'on se souviendra que Labonté niait tout. Pourtant, Radio-Canada enquêtait depuis des semaines et RueFrontenac, le site web des journalistes en lock-out du Journal de MTL, affichait la nouvelle depuis des semaines, bizarre qu'il n'ait suffit que d'un reportage à TVA, le seul média qui ne faisait pratiquemment rien dans cette affaire.

Scoop, coup monté, ou TVA s'est rendu compte qu'il dormait au gaz ? Chose certaine, les Montréalais ne sont pas trop contents de ce qui se passe à l'hôtel de ville depuis quelques temps. Espérons qu'ils vont se lever en grand nombre pour aller voter le 1er novembre.