
Comme un bateau à la dérive, l'ADQ, à peine sorti d'une course à la chefferie, s'entr'déchire. Éric Caire et Marc Picard quittent le navire. Ne reste plus que quatre députés. Les jours de ce parti sont-ils comptés ?
Il faut dire que les médias s'en donnent à coeur joie, comme des vautours attirés par l'odeur de la mort. On picosse autour de l'os.
Qu'on ne me parle pas de Sylvie Roy, il n'y avait pas de quoi en faire un drame. Elle a d'ailleurs eu le soutien du chef. Qu'on ne me parle pas de la participation au vote, même si elle n'a été que du tiers des membres, c'est ainsi partout. Non, là où le bât blesse, c'est dans ce départ d'Éric Caire et Marc Picard, parce que Caire était nez à nez bien collé avec Taillon, une voix les séparait. Et Taillon l'a ignoré, alors que Caire garde le fort depuis fort longtemps, que Taillon n'a pas élu aux dernières élections. Bref, Caire ne voit guère de reconnaissance dans l'attitude du chef, il lui vire les talons avec un de ses fidèles compagnons.
Le parti souffre et s'essoufle par trop de remise en question où chacun veut mener les choses à sa manière. C'est ainsi dans notre belle société, trop de chefs, pas assez d'Indiens.
Dommage pour ceux qui croient à une troisième voie en politique, mieux vaut se tourner vers le bipartisme. On l'a vu aux dernières élections municipales, cela permet à l'un de se faufiler entre les deux autres. Une guerre à trois n'est pas une bonne chose au Québec, à moins d'avoir un système comme en France avec un deuxième tour de scrutin, là une troisième voie aurait du sens. Ici, c'est celui qui récolte le plus de votes qui gagne.
Fermons la paranthèse, revenons à nos moutons désespérés. L'ADQ se meurt. Est-ce que cette déroute profitera au PQ qui pourrait récupérer Sylvie Roy ? Me semble que si j'étais Pauline Marois, je la recruterais. C'est un bon élément. Elle est une combattante, une fonceuse. Elle a su montrer beaucoup de détermination et de courage jusqu'à maintenant. Éric Caire serait un candidat à courtiser aussi. Enfin, c'est presqu'indécent de parler de l'après-ADQ quand personne n'a sonné le glas.
Les idées de l'ADQ ne sont pas toutes mauvaises. Est-ce que le PQ pourrait récupérer cette abolition des commissions scolaires que défend l'ADQ, compte-tenu que dans le dossier du décrochage scolaire, il est prouvé que plus on donne de lattitude aux directions d'école, on réduit le taux, étant donné que la solution se trouve dans la spécificité de chaque école ? Le décrochage scolaire demande une approche locale. Cela ne donne rien de ratisser trop large.
Enfin, tout cela pour dire que l'ADQ, c'est pas tout pourri. Il y a du bon et moins bon, faudrait pas jeter le bébé avec l'eau du bain.


























